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GENÈSE DES ÉLECTIONS TRUQUÉES PAR LE RÉGIME NÉO-COLONIAL DU CAMEROUN

PIQÛRE DE RAPPEL

_par Hubert KAMGANG_

*LE REFUS CATÉGORIQUE DU RÉGIME NÉOCOLONIAL DE YAOUNDÉ D’ORGANISER DES ÉLECTIONS PROPRES* M’A FAIT ÉCRIRE CE QUI SUIT :

« Ceci doit être dit et redit : LE PROBLÈME CAMEROUNAIS SE POSE EN TERMES DE LUTTE DE LIBÉRATION, LIBÉRATION VIS-À-VIS DU NÉOCOLONIALISME, ET NON EN TERMES D’ALTERNANCE DÉMOCRATIQUE ; car, si d’aventure il y avait alternance, ce serait parce que le système ne sera pas remis en cause. Il faut prendre le taureau néocolonial par les cornes. Aucune solution intermédiaire ne peut être satisfaisante.

« CE N’EST DONC PAS ENCORE LE COMBAT POUR L’ALTERNANCE DÉMOCRATIQUE QU’IL FAUT MENER, MAIS UNE LUTTE DE LIBÉRATION, PLUS PRÉCISÉMENT UNE RÉVOLUTION POUR ABOLIR LE SYSTÈME NÉOCOLONIAL QUI NOUS ÉTOUFFE (LE COLONISATEUR N’EST JAMAIS PARTI DU CAMEROUN) ET INSTAURER UN ORDRE NOUVEAU, PLUS PORTEUR D’AVENIR POUR LE PEUPLE DE CE PAYS.
« *UNE FOIS LE CAMEROUN LIBÉRÉ DU NÉOCOLONIALISME, NOUS LE DÉMOCRATISERONS, MAIS IL FAUT D’ABORD LE LIBÉRER…*

2. Libérer le Cameroun : néopanafricanisme contre néocolonialisme

« *On a grillé l’étape de l’indépendance* ; on est allé un peu vite en besogne en parlant, dans le cas du Cameroun (et des pays de la zone franc en général), d’« alternance démocratique ».

La démocratisation doit être remise à plus tard, non pas, comme l’ont prétendu certains, parce que nous ne sommes pas encore mûrs pour cela, mais parce que nous sommes encore colonisés et devons d’abord nous libérer. Le problème camerounais est celui d’une véritable lutte de libération comme naguère en Afrique du Sud. Nous reviendrons sur les termes de cette comparaison au 4. du présent chapitre.

« *Les élections ont toujours été truquées au Cameroun en faveur du colonialisme avant 1960, et du néocolonialisme après la soi-disant indépendance*. Le régime néocolonial actuellement dirigé par le RDPC ne pourra jamais accepter d’organiser des élections équitables, sous peine de scier la branche sur laquelle il est assis.

Le multipartisme administratif rétabli depuis 1991 ne peut pas déboucher sur des élections transparentes. *Ceux qui veulent une « Commission électorale ‘‘nationale’’ autonome » attendront longtemps. Il faudrait être vraiment naïf pour croire que le régime va se faire gentiment hara kiri ; tout au plus, il peut y avoir une révolution de palais en faveur d’une personnalité plus fréquentable, mais acquise à la reproduction du système*.

Et encore, les candidats aux révolutions de palais devront-ils éviter, au préalable, le genre de « coup de tête » du prince qui a détruit Titus Edzoa.
« Alors que faire ? Laver d’abord le Cameroun de ce péché originel qu’est la haute trahison fondatrice évoquée au 3. du chapitre 1 !

« *Un régime autocratique, de surcroît néocolonial, armé d’une machine de répression à l’intérieur et soutenu par des puissances étrangères, ne cède pas devant les jacqueries, les émeutes, les protestations ou encore moins les boycotts, fussent-ils actifs. Il les brise impitoyablement.*

« IL FAUT TRANCHER LE NŒUD GORDIEN !

« UN SYSTÈME OPPRESSEUR NE DISPARAIT QUE SOUS LES PRESSIONS RÉSOLUES D’UN PEUPLE UNI AUTOUR D’UNE GRANDE VISION, ORGANISÉ ET RÉVOLUTIONNAIRE. »
Nous voulons être libres. Nous voulons nous libérer du néocolonialisme. Si le régime organise des élections transparentes, ce qui à coup sûr permettrait aux patriotes d’accéder au pouvoir, tant mieux. Mais il ne faut pas se faire d’illusions. Le peuple sera obligé de s’organiser pour abolir le néocolonialisme par tous les moyens que les peuples opprimés ont souvent été amenés dans l’histoire à utiliser pour se libérer.
En fait, le néocolonialisme est bien dans son rôle d’oppresseur : M. Biya et son système savent pertinemment qu’ils ne peuvent pas survivre politiquement s’ils n’oppriment plus les Camerounais. Ils font leur travail correctement. Ils jouent la survie.
C’EST LE PEUPLE OPPRIMÉ QUI NE FAIT PAS SON TRAVAIL DE LUTTE POUR SE LIBÉRER. C’EST AU PEUPLE CAMEROUNAIS – C’EST-À-DIRE, EN DERNIÈRE ANALYSE, À CHAQUE CAMEROUNAISE ET À CHAQUE CAMEROUNAIS QUI SE SENT OPPRIMÈ – DE DÉCIDER S’IL DOIT LUTTER, EN CONSENTANT LES SACRIFICES NÉCESSAIRES, POUR ÊTRE LIBRE ET RECOUVRER SA DIGNITÉ OU S’IL PRÉFÈRE DEMEURER DANS LA SERVITUDE ET LA MISÈRE. UN PEUPLE DIGNE DE CE NOM RÉSISTE AU MOINS À L’OPPRESSION. »

Pages 55 et 56 de Hubert Kamgang, Le Cameroun au XXIe siècle – Quitter la CEMAC, puis œuvrer pour une monnaie unique dans le cadre des États-Unis d’Afrique, Éditions Renaissance Africaine, Yaoundé, 2000.

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