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FATOU BENSOUDA ADMET SA DÉFAITE CONTRE LAURENT GBAGBO

Déjà acquitté depuis le 15 janvier 2019 et libéré un mois plus tard, l’ancien président ivoirien, qui vit pour l’instant en Belgique, peut désormais envisager de rentrer chez lui, dans son pays. Une page se tourne à la Cour pénale internationale (CPI), comme en Côte-d’Ivoire. Celle qui, à la suite des violences post-électorales de 2010-2011, avait conduit à poursuivre Gbagbo pour crimes contre l’humanité. Arrêté le 11 avril 2011, à l’issue de trois mois de combats entre les deux camps rivaux, celui de Gbagbo contre celui d’Alassane Ouattara, son rival, toujours au pouvoir à Abidjan, le président déchu avait été envoyé sept mois plus tard à La Haye, où siège la CPI. Il avait été jugé à partir de janvier 2016 au côté de son ancien ministre Blé Goudé.

La Cour pénale internationale (CPI) a donc confirmé mercredi 31 mars l’acquittement, prononcé en 2019, de l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, reconnu non coupable de crimes contre l’humanité, et de Charles Blé Goudé, ex-chef du mouvement des Jeunes patriotes. Les juges ont ainsi rejeté l’appel de Fatou Bensouda. Un revers pour la procureure de la CPI qui quitte ses fonctions le 15 juin prochain.

C’est une décision claire et ferme qu’a pris la chambre d’appel. La procédure n’a pas été entachée de vices, comme le reprochait l’accusation. Les juges de première instance ne se sont pas trompés en évaluant les preuves et ces preuves étaient d’une « extrême faiblesse » a donc souligné la chambre d’appel peu avant de confirmer les deux acquittements.

C’est donc un nouveau camouflet pour la procureure Fatou Bensouda dans cette affaire.

Une affaire qui aura été mal enclenchée dès le départ puisque, après l’arrivée de Laurent Gbagbo à La Haye en novembre 2011, d’autres juges avaient une première fois rejeté le dossier, refusé de confirmer la mise en accusation. Ils avaient néanmoins donné une nouvelle chance au procureur.

Mais à chaque fois, depuis dix ans, et jusqu’à aujourd’hui, le bureau du procureur aura été alerté, prévenu sur deux points : l’incohérence de sa thèse et la faiblesse de ses preuves.

Les alertes n’ont rien changé et cette longue saga judiciaire s’est donc refermée mercredi  sur l’image d’un Laurent Gbagbo, assis dans la salle d’audience, les pouces levés en signe de victoire.

Fatou Bensouda a indiqué que son bureau avait «pris note du jugement »

« Sous mon mandat, notre approche de tous les cas dont nous sommes saisis a toujours été de faire progresser nos devoirs et nos responsabilités avec le plus grand professionnalisme en stricte conformité avec #RomeStatute. La même approche de principe a guidé notre travail dans ce cas », a réagi la procureure Fatou Bensouda. « En tant qu’officier de la Cour, je respecte l’intégrité de ce processus et la décision de la Chambre d’appel », a-t-elle ajouté sur Twitter. « Les deux juges d’appel dissidents auraient accueilli l’appel de mon bureau et ordonné un nouveau procès. Le processus judiciaire à la CPI concernant ces affaires conjointes a suivi son cours et a abouti à un résultat final », a conclu Fatou Bensouda.

Durant son mandat, Fatou Bensouda a beaucoup enquêté en Afrique : en Centrafrique, au Mali, en Guinée, au Soudan, en Libye notamment.

D’où l’argument d’un acharnement contre les Africains, brandi par la Gambie de Yahya Jammeh, dont Fatou Bensouda est une ancienne ministre, pour se retirer de la Cour pénale internationale, comme le Burundi ou l’Afrique du Sud, en 2016 et 2017.

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