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LA DANSE DES CROQUE-MORTS DU RÉGIME CAMEROUNAIS NE FAIT PLUS RIRE

– Quand je pense aux victimes sans sépulture du drame d’Eseka, aux filles et fils de nos mères réduits en bouillie sur les pistes qui nous servent de routes nationales, aux vivres frais de nos mamans, esclaves des temps modernes dont les récoltes pourrissent dans les champs faute de voies de communication, au visage pâli de jalousie d’une camair-co face à l’imposant flotte d’Ethiopian Airways, à nos voies ferrées du siècle dernier… Ça ne me fait pas rire !

– Quand je pense à Monique Koumatekel de regrettee mémoire, écartelée, le sang giclant à ciel ouvert, dépouillée du dernier soupçon de dignité dû à une femme dont le seul péché fût d’avoir voulu donner la vie, quand je pense à Vanessa Tchatchou, et toutes les autres mères, victimes silencieuses d’un système vampire, mangeur d’enfants… Ça ne me fait pas rire !

– Quand je pense aux fils de mes pères, du nord au sud, de l’est à l’ouest, désillusionnés à s’en constituer esclaves en Libye au 21e siècle, dans une courbe du temps qui fait néant le plaidoyer de kuntakinte, Garvey, Malcom x, Martin Lutter King, Um Nyobe, Ernest Ouandjie, Nkwame Krumah, Nnamdi Azikiwe, Patrice Lumumba, et j’en passe… Ça ne me fait pas rire !

– Quand je pense aux kleptomanes issus des entrailles du monstre, qui raflent frénétiquement tout sur leur passage, jusqu’au lait du sein des mères allaitantes, bavant de leurs opulences sorties de terre à la vitesse des champignons, quand je pense qu’ils sont délibérément recyclés dans la même caste, remaniements après remaniements, suggérant au peuple qu’il n’y à point d’issue, que le pays est résolument dirigé SANS et CONTRE ses enfants, ça ne me fait pas rire !

– Quand je pense à la sale guerre, guerre de l’orgueil, de la gourmandise et de l’ego atteint d’obésité clinique, quand je pense aux soldats contraints d’exécuter leurs semblables de misère, aux morts du Nord-ouest et du Sud-ouest du 1er octobre, anniversaire ensanglanté de l’histoire de nos pères, qui ont amorcé, la tête haute et le cœur fier, cette prestigieuse marche nuptiale devenue drame humanitaire… Ça ne me fait point rire !

– Quand je pense que la guerre du NoSo frappe résolument déjà aux portes de ma Menoua natale… Ça ne me fait pas rire !

– Quand je pense à l’évêque tué puis déclaré suicidé et enfin décoré par les mêmes… Ça ne fait point rire !

– Quand je pense à la bravoure de nos héros qui ont donné jusqu’à leur dernier souffle de vie, jamais célébrés à leur juste valeur, quand je pense à la noblesse de leur cause, quand je pense à leur sang versé pour nous… Ça ne me fait pas rire !

– Quand je pense qu’avant que le coq n’ait chanté trois fois, déjà le loup fait l’agneau, à coups de prestidigitations frénétiques à caractère bassement blasphématoire, quand je pense qu’ils dansent cette danse des pantins sans foi ni loi sur la mémoire des misères sans voix, des âmes qui s’éteignent à domicile, ou dans les hôpitaux sans plateau technique… Ça ne me fait pas rire !

– Quand je pense à ces deux mamans sommairement exécutées avec un bébé et un enfant par les éléments de l’armée camerounaise…Ça ne me fait plus rire!

– D’où mon cris d’alerte, au peuple à genoux. Ces crimes odieux perpétrés contre des mères et des nourrissons inoffensifs, filmés et rendus publics sont un déshonneur que ni un gouvernement, ni une armée dignes de ce nom ne peuvent laisser impunis à travers des tentatives de dissimulation des véritables identités de tels criminels.

Toute tentative de dissimulation et/ou de leur protection qu’elles viennent du gouvernement, des académiciens ou des journalistes acquis à la cause du régime valent obstruction à la justice et constituent une atteinte grave à l’IMAGE, la RÉPUTATION et L’HONNEUR tant de la RÉPUBLIQUE du CAMEROUN que de son peuple.

L’AFP en appelle à la plus grande fermeté dans le traitement de cette affaire et à une enquête indépendante au sein de tous les déploiements armés aussi bien dans le nord du pays que dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest, ceci aux fins de faire éclater la vérité sur les plaintes récurrentes des populations issues de ces zones de conflits où ni la presse indépendante ni la communauté internationale n’ont un accès libre.

Il est urgent qu’un droit de regard neutre et transparent soit rapidement consenti par le gouvernement aux fins de faire un état des lieux global de la situation des droits de l’homme dans les zones de conflits du territoire camerounais.

– Puisse ce cris réactiver ce que nous avons d’humain, ce qui nous reste de patriotisme. Afin de dire tous ensemble, d’une seule voix, tels la progéniture d’une même patrie, de crier tous ensemble disais-je, HALTE ! C’EST ICI ET AUJOURD’HUI QUE ÇA S’ARRÊTE !

Alice Sadio

Présidente nationale de l’AFP et Secrétaire général de la plateforme La Nouvelle République

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