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COMME LES ANGLOPHONES, LE PROBLÈME BAMILÉKÉ VA VIRER À UN CONFLIT ARMÉ

Comme hier, la question anglophone qui a viré en conflit armé, de la question  bamiléké dans l’ensemble national Cameroun, apprenons de nos erreurs.

Dès le début, il s’est agit, autour de la question anglophone de la place de cette entité socio-linguistique dans l’ensemble national. Pour dire les choses plus simplement, il était question de savoir si en l’état actuel de nos institutions, un anglophone pouvait prétendre présider aux destinées de notre République.

Très clairement, les vrais tenants du pouvoir et qui sont des faucons du système leur ont répondu “non”.

Pour ces extrémistes, ils ne voient la participation de la composante anglophone que dans une position de soumission et d’allégeance à “l’ordre régnant”.

Alors que cette communauté posait des révendications politiques, il lui a clairement été argué que l’on ne saurait toucher à la forme de l’État, ce qu’elle a compris comme une fin de non recevoir à ses ambitions légitimes et de gérer le pays en position centrale, et de s’autogérer dans une configuration institutionnelle qui autonomiserait de manière large certaines entité territoriales.

La suite ont la connait: durcissement du conflit et sa dérive en une situation de quasi guerre civile qui dure depuis près de deux ans aujourd’hui.

De manière similaire, le problème bamiléké se pose, celui de l’accès de ce groupe au pouvoir d’État et à la plus haute marche, ce qui est somme toute légitime.

Avant, lorsque les bamilékés revendiquaient ce droit, on leur arguait leur niveau de scolarisation que l’on jugeait bas. En effet, nombre d’entre eux qui étaient entrés en politique justifiaient de niveau bas, petits commerçants et petits artisants qu’ils étaient pour la plupart.

Ce que KAMTO a fait par sa démarche, c’est de redonner une fierté académique et une honorabilité à ce peuple par l’entré en politique de son profil qui sur le plan académique était de loin le meilleur, je ne parle même pas de son accuité politique.

Aussi, ce ne sont pas que les bamis qui l’ont voté, ce qui montre que le problème lié aux préjugés et aux stéréotypes tribaux au Cameroun ne concerne en rien le petit peuple qui lui sait apprécier mais, l’élite extrémiste et avare qui nous dirige.

Ainsi, lorsque Maurice KAMTO, à tort ou à raison, comme FRU NDI en 1992 réclamme sa victoire, on lui renvoie à la figure que parce qu’il est bamiléké, il ne saurait prétendre à la position de président de la république, au lieu de lui montrer de manière argumentée qu’il a perdu l’élection, toute chose que n’a pas pu établir le conseil constitutionnel sans le moindre doute.

Cela m’amène donc à parler d’un autre extrémisme violent, l’extrémisme béti, et qui est en train de conduire inexorablement notre pays vers le chaos.

En effet et lorsque l’on gère les affaires publiques, on doit d’être soucieux de tracer un cap qui, au bout du compte va montrer que la marche de la nation est maitrisée et qu’il y a des alternatives à toute crise qui pourrait subvenir. Or, demandez à toute personne sensée de ce pays si à la gouvernance actuelle il voit une alternative, 90% au moins vous repondrait par la négative. En même temps et dans les milieux extrémistes bétis, on vous répond qu’après Biya, ce sera Biya.

En clair et pour ce groupe d’irréductibles qui tient encore le pouvoir, les bétis seraient comme sortis de la cuisse de Dieu et seuls commis à exercer le pouvoir suprême au Cameroun. Cette attitude, on peut la lire pas seulement au niveau des attaques sur la communauté bamiléké, mais aussi sur toutes les autres.

Qui ne se souvient des attaques contre Marafa le nordiste que des journaux fascistes avaient qualifié de malien du simple fait de sa prétention à vouloir diriger le Cameroun? En réalité, ces faucons ethnofascistes sont avec vous quand vous faites leur jeu. Dès lors que vous vous émancipez, on vous renvoie votre appartenance tribale à la face avec tout le dénigrement possible.

La question bamiléké se pose donc et comme avec les anglophones, les faucons bétis du régime leur répondent qu’ils sont des citoyens de seconde zone. La crainte est donc que bléssés dans leur amour propre, les bamilékés ne se retrouvent, comme les anglopgones être la proie des extrémistes et ainsi comme eux, prennent les armes pour conjurer cette injustice.

Plus que les autres extrémismes, celui qui gêne au plus haut niveau notre pays est l’extrémisme béti, parce qu’il est au pouvoir et contrôle les institutions. Ainsi, c’est lui donc par son attitude qui peut pacifier le pays ou l’enflammer.

Léonide Mfoum

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