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C’EST CONFIRMÉ: LES SOLDATS CAMEROUNAIS SONT AUTEURS DES EXÉCUTIONS DES FEMMES ET ENFANTS

La vidéo qui fait honte au gouvernement camerounais n’est pas un film fiction, ni un 《 fake》 comme a  voulu le faire croire le ministre de la Communication et porte parole du gouvernement Issa Tchiroma.  D’autres esprits malveillants ont voulu créer la confusion et le doute en attribuant cette scène d’horreur au Mali. Mais tous éléments observés sur la scène du crime montrent qu’il s’agit bel et bien du Cameroun, dans la localité  de Mozogo-Moskota, département du Mayo-Tsanaga, région de l’Extrême Nord, arrondissement de Mozogo, non loin du camp militaire de l’armée régulière camerounaise.

Rappel des faits. On  voit dans cette macabre vidéo  deux femmes, l’une tenant un enfant par la main, l’autre portant un bébé sur le dos et juste derrière elles, les forçant à avancer, deux hommes en uniforme de l’armée, kalachnikov en bandoulière. Elles ont des visages gonflés, preuve qu’elles ont d’abord subi des sévices corporels.  À moult reprises, l’un des hommes en tenue gifle la première femme en lui disant : 《 lève la calebasse qu’on te voit bien, toi, BH, tu vas mourir 》. L’appellation BH au Cameroun désigne le groupe islamiste Boko Haram.
Les images sont commentées par un homme dont on ne voit pas le visage dans la vidéo . Il présente ces deux femmes comme étant  des éléments de Boko Haram récupérés après un assaut. Il donne les sobriquets  des exécuteurs  :  le caporal-chef Cho-Cho et le 2e classe Cobra. Les accents sont typiquement camerounais: 《lève -moi la calebasse on te voit bien là-bas BH, tu vas mourir, allons là-bas (..) on va la trouer avec l’enfant (..) viens ici, mets- toi là (..) oui la petite fille- là viens! Oh reste comme ça! Assieds -toi, petit ça nous fait mal mais tes parents nous ont mis dans un.. il l’a pris la tête (..)  laisse comme ça elle est déjà morte, versez la poussière, l’enfant- ci vit encore, si tu as peur tu pars là-bas, faut pas nous gâter les vidéos ici》.

Pour le Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale (Redhac), il n’y a pas l’ombre d’un  doute, ce sont des éléments des forces de sécurité du Cameroun qui sont responsables de ces exécutions. Ils disent avoir authentifié la vidéo et avoir recoupé les informations.
La militante Maximilienne Ngo Mbe en appelle à la justice camerounaise. 《 C’est inacceptable dans un État de droit. Des enfants de 2 ans et 5 ans environ qui subissent au grand jour des actes de tortures, des femmes qui subissent des actes de tortures et qui sont après assassinées par 17 balles dans le crâne. Même si on est en guerre contre la secte Boko Haram – une guerre qui est légitime, le terrorisme ne doit pas venir imposer sa loi au Cameroun – mais ça ne peut pas donner à ce que les forces de sécurité deviennent des bourreaux》, s’indigne cette Camerounaise au micro de RFI.

L’analyse d’Amnistity International est encore plus détaillée sur le type de fusils utilisés pour ces exécutions sommaires et qui appartiennent bien à l’armée camerounaise, ainsi que les tenues. En effet, les militaires dans cette vidéo, sont armés de Kalashnikov Ak47 et Fal fusil d’assaut léger. Les cultures en terasse qu’on y voient ne se trouvent nulle part ailleurs au Cameroun que dans le Mayo-Tsanaga. Les cailloux, la montagne et les arbustes appelés “Tchaski”  sont d’ autres preuves irréfutables. Le village au bord de la route  prouve que cette scène se déroule dans la zone Mozogo-Moskota, à quelques encablures du camp de militaire  à Mozogo, une commune située dans la région de l’Extrême-Nord et le département du Mayo-Tsanaga. C’est le chef-lieu de l’arrondissement de Mayo-Moskota.

Toutefois, il y a un important détail dans cette vidéo. Les militaires  sont suivis par une escouade de personnes en civil qui ne semblent pas s’émouvoir de ce cette exécution. Bien au contraire, le plaisir semble partagé: ce sont les membres du comité de vigilance qui  sont armés de gourdins et des machettes. Ils fonctionnent comme des shérifs et livrent qui ils veulent aux soldats sous des soupçons fallacieux ou de simples règlements de comptes.  Le soldat annonce avoir recuperé les deux femmes et leurs enfants pendant l’assaut. Cependant,  la présence des membres du comité de vigilance et le fait que les militaires ne soient pas habillés en tenue de combat ( casques,  gilets pare-balles, chaussures rangers) ,  d’autres vêtus de simples tshirt et babouches,  indiquent à suffisance que les deux femmes auraient  été livrées par les membres du comité de vigilance.

La presence des villageois qui suivent les militaires constitue un autre élément  qu’ils ne sortent pas d’un combat. Les deux femmes et leurs enfants n’avaient aucune arme . Les soldats quittent la route pour conduire les deux femmes et leurs deux enfants en bas d’une petite montagne. C’est à cet endroit exactement  où on remarque les cultures en terasse qui sont une particularité du Mayo Tsanaga à l’Extreme Nord du Cameroun.
Le dialecte en fond sonore prouve que les membres du comité de vigilance sont des kirdis et les deux femmes aussi probablement kirdis chrétiennes ou animistes car elles n’ont pas de cheveux sur la tête à l’instar des femmes musulmanes kanuris, arabes choas, haussa ou peules.

Plus cruel le bébé apeuré  sur le dos pourrait être  un garçon. Contrairement aux mamans qui ont des yeux bandés avec des foulards, lui vit toute la scène les yeux bien ouverts. Le militaire dit au bébé: 《Mon petit,  ça nous fait mal,  mais tes parents nous ont mis dans une situation…》. on voit le caporal chef exécuter la premiere femme avec son enfant à ses cotés par des rafales de tirs groupées, puis l’autre soldat exécute la deuxieme femme avec ce bébé attaché sur le dos. On voit le sang couler sur le sol provenant de la maman et du bébé. Un soldat demande à ceux qui ont tiré de verser la poussière sur les cadavres, une sorte de rituel que font les militaires camerounais quand ils font une exécution sommaire, pour qu’ils ne soient pas hantés par l’esprit ou l’âme de leur victime. Le soldat qui cinéaste s’approche de la femme qui gît dans une marre de sang avec son enfant et déclare  : 《l’enfant- ci vit encore》. Son collègue arme  et acheve l’enfant.

Sans analyse, ni début d’enquête, le gouvernement camerounais s’est précipité à donner mille et une version pour aboutir toujours à 《 la tentative de déstabilisation 》. En même temps, Paul Biya prescrit une enquête dont les résultats sont déjà annoncés d’avance par le porte-parole du gouvernement. Où sont d’abord les résultats de l’enquête sur l’accident du train qui a fait des centaines des morts et dont Paul Biya avait promis dans un délai d’un mois? Ces enfants qui ont été fusillé ont commis quels crimes contre l’État du Cameroun? Est-ce la diaspora qui a aussi allée tourner cette vidéo au Cameroun? Pourquoi vouloir mêler toujours le Mali dans l’assassinat de l’évêque et des crimes au Cameroun?

La Rédaction

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