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ALI BONGO EST MALADE, ET C’EST LE PREMIER MINISTRE QUI MEURT

Alors qu’on n’a pas eu sa réaction depuis la tentative de coup d’État au Gabon, Ali Bongo qui est souffrant ou convalescent au Maroc, et dont l’opposition revendique que son poste de Président soit déclaré vacant, fait plutôt un remaniement pour enterrer son Premier ministre pourtant bien portant.

Le nouveau  Premier ministre  Julien Nkoghe Bekale, a détaillé samedi soir la composition du nouveau gouvernement, sans véritable  changement , dans une vidéo enregistrée au Maroc et diffusée sur la télévision nationale gabonaise vers 22H GMT. Le cabinet présidentiel, sans vrai changement lui aussi, a également été annoncé, vers 20H GMT, dans une vidéo toujours enregistrée au Maroc par le secrétaire général de la présidence, Jean-Yves Teale.

À quoi sert donc ce remaniement si, au moment où le peuple, l’opposition  et l’opinion internationale  demandent dans quel état se trouve le président gabonais?  À quoi bon faire du bruit sur un soi-disant  remaniement au cabinet présidentiel alors que le directeur de cabinet depuis 2017, bras armé de la Première dame Sylvia Bongo,  Brice Laccruche Alihanga, reste en poste?

Selon la nouvelle Constitution, les membres du gouvernement doivent désormais prêter serment devant le Président de la république. Or, le Président Ali Bongo lui-même est absent. Ont-ils prêté serment par vidéo puisqu’ils ont aussi été nommés par vidéo? Vont-ils entrer en fonction en violation de la Constitution? Vont-ils attendre le retour d’Ali Bongo à une date qui reste mystérieuse ?

On aurait compris ce remaniement précipité s’il avait un rapport avec la sécurité de l’Etat et les derniers événements relatifs à la tentative de coup d’État. Mais aucune explication.

Le Président Ali Bongo Ondimba venait   d’opérer un remaniement ministériel en février 2018 avec neuf titulaires qui avaient  changé de portefeuille et un conseiller diplomatique nommé secrétaire général de la présidence. Guy Rossantaga avait été nommé lors du remaniement intervenu le 20 février 2018. Il devenait  le ministre de la Pêche, de la Mer et de la Sûreté Maritime après son éviction du poste de secrétaire général de la Présidence de la République . Il n’était resté à la tête de ce département ministériel que durant 65 jours soit deux mois et demi, alors qu’ il venait à peine d’aménager ses bureaux à Batterie IV.

On se souvient que le ministre Manfoumbi avait aussi été viré dans le cadre d’un remaniement technique. Le Président chanteur rappeur Ali Bongo avait  évoqué comme cause, le problème de la danse bizarre de son ministre, comme s’il exigeait aux membres de son gouvernement d’apprendre ses choregraphies!

C’est la preuve que, soit Ali Bongo a un caillot de sang ou un caillou dans le cerveau depuis au moins  un an, soit  le poste de ministre chez lui, a la durée d’un préservatif. Et même, on peut commencer à croire que ce n’est même pas Ali Bongo qui a fait ce remaniement. Sinon, comment comprendre qu’un chef d’État convalescent, absent de son pays,  fasse précipitamment un remaniement alors qu’on annonce son retour imminent au pays?

Une seule explication: profitant de ses faiblesses intellectuelles, psychologiques et physiques, la Première dame est dans la manoeuvre pour conforter ses pions et mettre son mari, Président de la République, devant les faits accomplis.

J. RÉMY NGONO

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