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SIMONE GBAGBO CRACHE SES VÉRITÉS À ALASSANE OUATTARA

C’est avec un poing levé que Simone Gbagbo a fait son entrée en scène . L’ex-première dame de Côte d’Ivoire Simone Gbagbo a demandé au président Alassane Ouattara, mardi 11 août, d’« amnistier » son époux et de lui délivrer un passeport pour « faciliter la réconciliation » dans son pays, à trois mois de la présidentielle.

L’ancien président Laurent Gbagbo, en liberté conditionnelle à Bruxelles après son acquittement par la Cour pénale internationale (CPI), a introduit une demande de passeport pour rentrer en Côte d’Ivoire. « Je voudrais appeler le chef de l’Etat à prendre un décret d’amnistie pour rendre Laurent Gbagbo éligible. Que Laurent Gbagbo se présente à l’élection présidentielle ou pas, qu’il soit éligible », a déclaré Mme Gbagbo, 69 ans, lors d’un point de presse, le premier depuis sa sortie de prison, il y a deux ans. « Je l’invite à lui délivrer un passeport diplomatique. Il y a droit », a poursuivi la vice-présidente du Front populaire ivoirien (FPI, opposition).

Les partisans de l’ancien président ont récemment dénoncé « son absence sur la liste électorale ». Le président de la Commission électorale indépendante (CEI) avait expliqué que toute personne condamnée à une privation de ses droits civiques était rayée des listes électorales.

En novembre 2019, la justice ivoirienne a condamné en appel par contumace M. Gbagbo à vingt ans de prison pour le « braquage » de la Banque centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest (BCEAO) pendant la crise post-électorale de 2010-2011. Charles Blé Goudé, l’ex-chef des Jeunes Patriotes, proche de M. Gbagbo, a lui été condamné en décembre 2019 à vingt ans de prison pour des crimes commis pendant cette crise qui avait fait quelque 3 000 morts.

« Les arguments utilisés pour justifier le retrait du nom de Laurent Gbagbo de la liste électorale sont des arguments juridiques très discutables. D’ailleurs, le procès qui a conduit à cette condamnation est lui-même politique et injustifiable », a réagi Mme Gbagbo, demandant également l’amnistie pour Guillaume Soro, l’ancien président de l’Assemblée nationale en exil en France, et de M. Blé Goudé.

Le gouvernement ivoirien a récemment affirmé traiter la demande de passeport de M. Gbagbo, dont le retour en Côte d’Ivoire revêt un enjeu politique majeur à trois mois de l’élection présidentielle. Le FPI l’exhorte à se présenter au scrutin. L’ex-président entre 2000 et 2010 a été acquitté par la CPI de crimes contre l’humanité et libéré après sept ans de détention à La Haye.

Comme toute l’opposition, Simone Gbagbo juge la candidature d’Alassane Ouattara pour  un troisième mandat illégale.« La candidature de M. Alassane Ouattara n’est pas recevable. Un chef de l’État ne peut pas se dire et se dédire. Surtout devant la nation. Le respect de la parole donnée doit plus que jamais être observée en politique. » Proposant des négociations, Simone Gbagbo a d’ailleurs tendu la main vers le pouvoir en déclarant que « rien n’était encore perdu » et qu’« ensemble », il était « possible de bâtir une Côte d’Ivoire forte, juste et apaisée ».

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