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LE NIGÉRIA ET LE GHANA REJETTENT LA NOUVELLE MONNAIE L’ÉCO TANT QUE LA FRANCE…

C’est le 1er juillet 2020 que doit entrer en vigueur l’éco, la nouvelle monnaie commune de la Communauté des Etats d’Afrique de l’Ouest. Mais, dans un premier temps, il s’agira simplement de changer de nom. Huit Etats sur les quinze que compte la Cédéao vont donc remplacer le franc CFA par l’éco l’an prochain. Mais, dans un premier temps, il s’agira simplement de changer de nom, et non de monnaie. Ce n’est que plus tard que les Etats africains qui utilisent le franc CFA devraient envisager une rupture de la convention qui les lie avec la France pour obtenir l’autonomie du contrôle de leurs réserves de change.

Lors de leur 55e sommet, qui a eu lieu le 29 juin dernier à Abuja (Nigeria), les chefs d’Etat de la Communauté des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) ont entériné leur projet de création de monnaie unique qui va s’appeler l’éco. Mais selon l’économiste Togolais Yves Ekoué Amaizo, certains pays membres de la Cédéao ne veulent pas d’une rupture brutale avec le Trésor français. Il estime que « la partie francophone menée par Allasane Ouattara (le président de la Côte d’Ivoire, ndlr) dit que la meilleure solution pour le futur de l’éco, c’est qu’il soit en fait une prolongation du franc CFA. Ce qui veut dire qu’il y aura un certain nombre d’amendements qui seront faits. Mais ce sera toujours le franc CFA, avec toutes les conditionnalités : le compte d’opération, la convertibilité… avec le Trésor français. »

Résistance du Nigeria et du Ghana, l’économiste malien Cheickna Bounajim Cissé estime ainsi que les deux géants de l’Afrique de l’Ouest, le Nigeria et le Ghana, n’adopteront pas cette nouvelle monnaie tant que persistera un contrôle de Paris. Selon lui, « techniquement, ce n’est pas tenable. Politiquement, ce n’est pas tenable. » Cheickna Bounajim Cissé assure que, sur le plan technique, aucun des État de la Cédéao ne remplissait, en 2018, les critères de convergence. « Sur le plan politique, ce n’est pas tenable parce que les signes que nous avons du Nigeria et du Ghana ne sont pas prometteurs quant à leur intégration à cette future monnaie. C’est une idéologie économique qui sépare les pays francophones de l’UEMOA et les pays anglophones qui sont incarnés par le Nigeria et le Ghana. »

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