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LA GRÈCE À LA CHASSE DU PRÉSIDENT CHASSEUR D’ARBITRES

On croyait avoir vu la scène la plus choquante du week-end avec les hooligans  de Lille qui ont fait une descente musclée dans la pelouse pour aller tabasser leurs propres joueurs. Mais la scène la plus rocambolesque s’est passée en Grèce et a fait le tour du monde. À la 90 ème minute  de la rencontre entre le PAOK Salonique et l’AEK Athènes (0-0), le propriétaire gréco-russe du PAOK Athènes Ivan Savvidis, 58 ans, yeux rouges sang, barbe de terroriste, pistolet à la ceinture, débarque sur la pelouse accompagné de quatre balourds, file vers l’arbitre de la rencontre pour lui proférer  des menaces. Le président shérif  du PAOK  veut se faire justice, accusant l’arbitre d’avoir refusé un but à ses poulains.

Face au scandale, le gouvernement grec, à travers son ministre des Sports a décidé de prendre une décision radicale. Le Premier ministre Alexis Tsipras, a décidé en mi-journée, de suspendre le championnat de Grèce avec effet immédiat, et ce, pour une durée indéterminée. La police est entrain de rechercher le président hooligan qui a réussi à quitter tranquillement le stade devant les mêmes policiers et tous les services de sécurité sans être interpellé.

Il y a à peine deux ans, le même gouvernement avait aussi suspendu le championnat pour des motifs de violences dans et en dehors des stades. Mais à peine relancé, le championnat grec a repris ses vieilles méthodes de guerres dans les tribunes et chasseurs de tibias sur les pelouses.

En fait, les jeux en Grèce ont toujours été basés sur la violence. Le philosophe barbare Anachrasis écrit: 《 il y a dans chaque cité grecque un endroit où, chaque jour, la folie s’empare des Grecs, le gymnase 》. Dans la mythologie grecque, on vante les combats d’ Héraclès contre Antée, Archéloos, le Lion de Némée, les pugilats avec des coups bombardés sur les crânes, les pancraces, un sport très populaire  où les combattants s’enroulaient dans la boue, s’arrachaient les yeux avec les doigts, se brisaient les pieds et les doigts parfois jusqu’à la mort, et dont le dieu vénéré s’appelait Sosatros, triple champion olympique en 364, 360 et 356 avant Jésus Christ. Et l’arbitre lui-même était doté d’un fouet. À ce jour, les pancraces sont encore pratiqués en Grèce avec autant de violence, sauf que les combattants  ont le droit d’enfoncer les doigts dans les yeux d’adversaires, sans les arracher.

À l’allure où la violence ne fait qu’augmenter au championnat grec, la meilleure solution serait de munir les arbitres de pistolets ou de mitraillettes bien chargés pour rappeler les présidents, joueurs et supporters à l’ordre. Comme le dit un proverbe africain: 《 quand on va à la fête des chiens, il faut avoir les crocs 》.

J. RÉMY NGONO

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