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ENFER:PLUSIEURS POLICIERS CAMEROUNAIS ENLEVÉS, DES CADAVRES DE MILITAIRES CACHÉS…

Oku, une localité dans la région du Nord ouest du Cameroun, est devenue le Far West. Ce sont les séparatistes de l’ADF ( Ambazonia Defence Force) qui dictent la loi ,  se pavanent avec les fusils de chasse, et lancent les assauts sur des édifices publics pour hisser leur drapeau de l’État d’Ambazonie.

Dans l’après-midi du dimanche 9 septembre 2018, une soixantaine d’individus armés de fusils de chasse , ont mené des attaques simultanées contre le commissariat spécial et la gendarmerie d’Oku. Ils ont mis en déroute les policiers et gendarmes qui se sont enfuis. Devenus maîtres des lieux, les séparatistes anglophones ont mis feu au commissariat, y ont hissé leur drapeau , incendié le pick-up de la gendarmerie, vandalisé le domicile de l’adjoint au sous-préfet qui avait déjà détalé pour aller se réfugier dans les buissons.

Non seulement les renforts ont tardé à arriver, mais les séparatistes ont réussi à capturer quatre policiers dont on reste sans nouvelles, tout comme le sous-préfet qui avait été enlevé le 11 février 2018 et dont on ne sait s’il est toujours détenu vivant ou a été tué. Plusieurs cadavres de gendarmes et militaires sont discrètement transportés dans les morgues à Douala sans que les familles soient informées. La guerre devient un enfer pour l’armée républicaine.

Comment comprendre que les séparatistes anglophones parviennent aussi facilement à faire de telles incursions dans les milieux sécurisés  qui symbolisent la république? Déjà dans la nuit de samedi 8 au dimanche 9 septembre,  la ville de Bamenda a été coupée par les séparatistes . À l’aide d’une pelleteuse ils avaient tranquillement  opéré pour creuser un segment de la route,  détruit plusieurs bus, tué un chauffeur, maintenu  les passagers en otage. Tout ceci à seulement 10 km de la ville de la ville de Bamenda, capitale de la région !L’opération avait commencé à 21 heures et avait duré plus de trois heures, mais l’armée camerounaise n’est arrivée sur les lieux que le lendemain matin, quand les séparatistes avaient décidé de quitter les lieux.  Le gouverneur s’était précipité à signer  un décret imposant le couvre-feu dans toute la région du Nord-ouest, suspendant même la circulation des moto-taxis.  Curieusement, c’est le même jour que le commissariat et la gendarmerie ont été  pris d’assaut. Et comme d’habitude, les secours sont arrivés trop tard. Parfois, il faut attendre les militaires qui sont transportés comme du bétail dans des camions qui roulent à tombeau ouvert sur des pistes accidentées.

Mercredi 6 septembre, 5 soldats de l’armée camerounaise avaient  péri dans un grave accident de circulation dans la vallée d’Oku (Nord-Ouest) . Le camion était rempli de militaires dépêchés dans la localité pour aller sécuriser la résidence du Premier ministre Philemon Yang. 20 autres étaient gravement  blessés et évacués dans un centre hospitalier de la région.

Si déjà les commissariats, gendarmeries, domiciles des hautes autorités administratives et politiques sont systématiquement incendiés et les forces de sécurité et de défense prises en otage par les séparatistes , les populations n’auront d’autres choix que de faire allégeance à l’État imaginaire d’Ambazonie. La preuve, sur les 300 séparatistes anglophones qui ont coupé la route, on comptait déjà une vingtaine de femmes armées de fusils traditionnels. Comme le disait Fo- Sho-Hing-Tsang-King:《 Faites la conquête de votre ennemi par la force des armes, et vous augmenterez son hostilité; faites sa conquête par l’amour et le dialogue, vous moissonnerez la paix》.

J. RÉMY NGONO

 

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