Amérique Politique

DONALD TRUMP DÉJOUE TOUT LE MONDE

Alors que l’on approche la mi-journée à Washington, Donald Trump a repris l’une de ses activités fétiches, à savoir twitter. Sur Twitter donc, le président sortant a dénoncé l’apparition de « bulletins surprises ». « Hier soir j’avais une bonne avance, dans de nombreux Etats-clés, partout ou presque où les démocrates ont le contrôle. Puis, un par un, ils ont commencé à disparaître magiquement avec l’apparition et le comptage de bulletins surprises. TRES ETRANGE ! Et les ‘sondeurs’ se sont complètement trompés, dans des proportions historiques ! », a écrit le président sortant.

Les instituts de sondage se sont-ils de nouveau trompés? À l’image du scrutin de 2016, l’élection présidentielle de cette année, qui n’a pas encore livré tous ses résultats, est bien plus serrée que ce que les plus récentes enquêtes avaient imaginé.

Ces derniers jours encore, les derniers sondages promettaient en effet une large victoire au candidat démocrate, parfois en avance de 10 points dans les projections de vote à l’échelle nationale.

« C’est serré, les sondages se sont encore trompés. Nate Silver disait 90% des chances pour une victoire de Joe Biden, 70% pour que le Sénat redevienne démocrate. Du côté du Sénat, c’est très serré, mais on ne s’achemine pas vers une vague bleue. On s’était dit vers 3/4h qu’il y aurait une vague bleue, ce n’est pas le cas. Dans une heure on peut se dire c’est comme en 2016, tout va se jouer dans le Midwest », a expliqué François Durpaire, spécialiste des États-Unis, à l’antenne de BFMTV.

De son côté, Olivier Piton, auteur de La nouvelle révolution américaine, estime lui aussi que les sondeurs se sont de nouveau trompés.

« Comme en 2016, les sondages se sont largement trompés, ils avaient prévu une vague bleue, elle n’existe pas. On a un résultat extrêmement serré voire en faveur de Trump pour le Sud. Biden pensait récupérer la Géorgie, la Floride et la Caroline du Nord, mais Trump devrait l’emporter », souligne-t-il.

À l’échelle des États, les instituts de sondage semblent également dans l’erreur. Comme l’explique le correspondant de BFMTV aus États-Unis Jean-Bernard Cadier, on a en effet « l’impression de revivre la nuit de 2016 » avec « une marge d’erreur qui semble pencher pour Trump. »

« La soirée à mal commencé pour Biden avant de se rééquilibrer. Il y a eu les mauvais résultats en Floride, où le vote des Cubains américains a fait pencher la balance », explique-t-il, avant de faire le détail de plusieurs États qui selon les sondeurs pouvaient basculer dans l’escarcelle démocrate. En Floride, les sondeurs donnaient Biden vainqueur avec 3 points d’avance, une projection qui s’avère fausse – le camp Trump a déjà revendiqué la victoire dans cet État.

« La Géorgie va apparemment passer chez Trump, tout comme la Caroline du Nord. En Ohio, on se rapproche des 100% de bulletins dépouillés, et cela penche pour Trump. Biden se retrouve enfermé avec ses trois États du Midwest, la Pennsylvanie, le Wisconsin et le Michigan », détaille-t-il.

De fait, comment expliquer cette différence entre la réalité des votes et les projections faites par les sondeurs? Pour Olivier Piton, la réponse réside dans les votes cachés, voire « honteux » de certains Américains, qui n’osent afficher publiquement leur soutien à Donald Trump.

« On avait calculé en 2016 qu’il y avait 10 points que les sondeurs n’avaient pas vu parmi les ‘votants honteux’. Pour cette année, ils avaient parlé d’un chiffre de 5%, mais c’est probablement 10% de gens qui n’osent pas dire aux sondeurs pour qui ils vont voter », analyse-t-il.

Côté américain, certains soutiens de Donald Trump, qui avaient toujours appelé à se méfier des instituts de sondage, considèrent que cette erreur n’est pas involontaire. « Je pense que les sondages ont essayé de faire chavirer la balance, et cela n’a pas réussi », explique auprès de BFMTV un supporter de l’actuel locataire de la Maison Blanche.

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